Premier Trimestre de grossesse : symptômes physiques et remèdes

Lorsque j’ai commencé à vouloir écrire sur la grossesse, une amie (qui se reconnaîtra) m’a conseillé de le faire à chaud, avant que l’arrivée du bébé vienne altérer mes souvenirs. Pas une mauvaise idée, me suis-je dit. A entendre la génération de nos parents, l’attente de leur progéniture était une espèce de bulle enchantée où l’on repeignait son espace bureau en salopette sur  fond de Bethov – pour le cerveau du bébé of course – le tout dans une belle salopette mettant en valeur les belles formes de grossesse.

En réalité – et je pense qu’il faut transmettre le message car encore bien trop de femmes ont cette image Instagram idéalisée de la grossesse en tête – cette période peut se révéler être extrêmement éprouvante physiquement et psychologiquement. Il ne s’agit certes pas de tout le monde (cf ma maman “musique classique et papillons dans le ventre”) mais après avoir discuté avec moultes futures mamans et jeunes maman, j’ai réalisé qu’une grande part d’entre nous n’avait pas vécu cette période de façon Idyllique.

Voici donc, le récit objectif et sans filtre d’un premier trimestre de grossesse d’un point de vue physique. 

❗Certain(e)s de mes proches ou moins proches seront tenté(e)s de penser “ah mais c’est dégoûtant ! ”, “c’est de la sphère privée ! ” ou encore “elle est obsédée par son nouveau statut de femme enceinte, ce n’est plus la même”. Sachez que pour moi les choses sont simples. Je n’ai pas peur de dire vagin, pertes blanches ou rapport sexuel. J’aurais aimé tomber sur plus de récits factuels et informatifs pendant cette période, et je pense que certaine(s) pourront y tirer des informations utiles ou du réconfort. 

Les douleurs de règles

Le 1er juin dernier, je découvrais que j’étais enceinte d’un mois. Lorsqu’on apprend ce genre de nouvelle, on se fait un replay de la période passée en essayant de voir les signaux qu’on aurait pu louper.

A cette période, j’avais repris le Duphaston. Il s’agit d’un médicament sensé déclencher les règles afin de rétablir un cycle artificiel lorsque celui ci est rouillé. En général, mon corps réagit bien à cette stimulation et déclenche des règles 3 jours exactement après l’arrêt du médicament.

Cette fois ci, pas de règles mais de faibles douleurs de règles pendant quelques jours. J’attendais que celles ci arrivent sans imaginer une seconde que ces petites crampes abdominales puissent être un symptôme de la nidation. Lorsque l’oeuf s’implante dans la paroi utérine, les petites crampes sont en effet fréquentes. 

Les conseils de mémé

De mon côté, je n’ai rien fait car je ne connaissais pas l’existence et l’utilité du Spasfon avant de tomber enceinte, mais il paraît que ça soulage.

Les nausées

Un des symptômes évidents (et que je n’ai pas su interpréter) est surement la présence de nausées dès le début de ma grossesse. Pour la première fois de ma vie,  j’ai perdu le plaisir de manger.

Celles ci étaient particulièrement caractéristiques lors de mes trajets en voiture. Pendant 3 mois, j’ai littéralement eu le mal des transports à chaque trajet maison-travail, si bien que je me trimballais avec mon petit sac à vomi “au cas où”. Je me revois me dire un soir d’embouteillage, la tête dans mon bag, “qu’il est peut être temps d’arrêter de fumer car mon corps ne support plus la cigarette” sans imaginer une seconde qu’il puisse s’agir d’un signe de grossesse ! 

Selon ma vision de la vie, la nausée, c’était un truc de Sims ou de film américain. Je pense au cliché de la fille verte qui fait un rush aux toilettes pour vomir ses tripes en début de grossesse. Pour moi c’était du pipeau. Avec le recul, je pense faire partie de ces gens abjectes qui ne croient pas aux petits maux avant de les vivre.

Aujourd’hui, quand on me parle de “nausées matinales”, je ris. Je ris parce que si tu scrutes le cadran de ta montre en attendant impatiemment midi pour que ta gueule de bois non légitime te quitte, tu te mets un doigt dans l’oeil.

La nausée est omnisciente; elle te guette partout et à chaque seconde de ta journée. Le matin, ton combo cruesli + café ne passe plus. Le midi, elle se déclenche quand tu arrives à la cantine avec tes collègues. Le soir, tu rentres chez toi et tu demandes à ton mec “c’est quoi ce truc qui pue dans l’appart” pour finalement réaliser que tu ne supportes plus l’odeur de l’oignon, même à 5 mètres. Je revis injustement comme dans le film “un jour sans fin” l’épisode de mon enfance où j’ai compris qu’il ne fallait pas manger un paquet entier de palet bretons sous peine de terminer la nuit à gerbi gerbo.

Les conseils de mémé

  • Mange ce dont tu as envie. Personnellement, il n’y avait que les bons trucs bien gras et les féculents qui pouvaient me soulager. J’ai troqué mon alimentation quasi vegan contre  Macdo, pizza et tartine au beurre demi sel. Mon conseil, c’est de ne pas lutter, de trouver ce que tu digères et de faire abstraction de ton envie de bien nourrir ton foetus pour ta propre survie.

 

  • Change tes quantités. Personnellement, je n’ai jamais été une snacking girl. Quand je prends un repas, je remplis mon assiette comme si j’étais au buffet flunch. Sauf que là encore, je me suis adaptée. J’ai réalisé que mon corps avait la gerbe soit quand il avait faim, soit quand il avait trop mangé. La soluce a été de comprendre mon système digestif et de lui insuffler du gras et du salé souvent et en petite quantité pour éviter ces situations.

 

  • Evite les trucs qui te dégoûtent : J’ai limité les fruits et légumes crus (mention spéciale pour l’oignon), les céréales, pâtisseries, glace, café que je ne supportais plus. Pareil pour la cigarette :  j’ai vite compris que je ne pourrai plus ni fumer, ni être trop proche de fumeurs, (grand bien nous en fasse). Exit aussi le parfum.

 

  • Les petits aliments qui peuvent aider  : L’insipide craquotte wasa,  l’eau citronnée, le cornichon ou l’ice tea,  le beurre de cacahuète et les chips me permettaient de limiter les nausées.

 

  • Les médicaments pour limiter la nausée : Ma petite routine anti nausées me permettait de vivre “au moins pire” mais rien n’était d’une efficacité redoutable. Un jour, à bout, je me rends chez mon généraliste qui me prescrit un anti-histaminiques préconisé aux US et Canada depuis des années contre les nausées : le Donormyl. Un peu flippant, car c’est un sédatif également utilisé contre les troubles du sommeil; cependant, à ce jour, aucun effet néonatal n’a été rapporté lors de l’exposition à ce médicament. Le Donormyl bien que pas 100% efficace m’a permis de limiter l’ampleur des nausées sans me cramer le cerveau. Je suis ensuite passée au Primpéran, plus efficace selon ma gynécologue. Il s’agit d’un neuroleptique qui inhibe notamment les centres nerveux de la nausée. Je n’ai pas été convaincue par ce médicament qui a provoqué chez moi diarrhées, spasmes du visage et tensions musculaires.

 

  • Dans tous les cas, pour sauver les meubles: j’ai usé du Gaviscon, une suspension buvable qui soulage les brûlures et les aigreurs d’estomac liées au nausées. Je me suis aussi forcée à boire pour éviter la déshydratation a tendance à empirer les nausées. Si comme moi l’eau vous dégoûte pendant cette période, trouvez votre boisson sauvetage (chez moi l’ice tea) : c’est toujours mieux que rien.

Les démangeaisons et la sècheresse cutanée

Un des symptômes les plus difficiles à vivre (surement car on en parle très peu) a été l’apparition soudaine et très agressive de démangeaisons partout sur mon corps. Je m’arrachais le cuir chevelu, les cuisses, les tibias, les bras, les mains, le ventre ou encore les seins jusqu’au sang. Le soir, j’en pleurais. Plus je grattais, plus ça me grattait. J’étais coincée dans la matrice gratouille sans avoir la moindre clef pour enrayer le truc.

En me renseignant sur l’internet, j’ai appris qu’il s’agissait souvent d’une simple sécheresse cutanée provoquée par les bouleversements hormonaux de la grossesse.

Les conseils de mémé

Je suis fière d’avoir réussi à complètement inverser la tendance au niveau des démangeaisons. Voici mon combo trio gagnant :

  • Pour le corps et les boobies: j’ai arrêté d’utiliser du savon de supermarché à la composition douteuse (et notamment avec sulfate.) J’ai opté pour le SO’BIO Douche Crème Surgras Pour les peaux sèches et sensibles qui m’a convaincue. Il existe des tonnes de savons à la compo clean sur le marché. J’ai également commencé à m’hydrater le corps matin et soir, le matin avec un peu d’huile de coco, de l’huile d’amande douce ou de l’huile d’argan en fine couche; le soir avec ma crème nourrissante anti vergeture maison. Mon corps a cessé de me démanger 2 ou 3 semaines après la mise en place de cette routine.

 

  • Au niveau du cuir chevelu, j’ai également éliminé les shampoings cocktails chimiques. (combo Sodium, Ammonium Disodium Silicones…) pour des compos plus naturelles, mais cela n’a pas totalement enrayé les crises. J’ai été très soulagée par Eucerin Dermo Capillaire Shampooing Calmant 5% Urée 250ml suite à qui j’ai fait attention d’espacer les shampoings et de limiter le séchoir pour reconstruire mon cuir chevelu. Les crises ont également diminué lorsque j’ai cessé de travailler; je pense que les démangeaisons étaient également dues au facteur stress + grossesse.

La transformation des seins

Autre point qui aurait pu me mettre la puce à l’oreille et me faire penser à une grossesse: la transformation des sensations au niveau de mes boobies.

Mes boobies et moi avons toujours vécu une cohabitation cordiale avant les traitements hormonaux et la grossesse. Mon petit 90 B et moi pouvions nous balader (et même courir) sans soutif, dormir sur le ventre ou faire du topless. Mais ça, c’était avant.

La première chose que j’ai ressenti a été l’augmentation de la sensibilité de mes seins. J’avais mal la nuit; au réveil ils étaient tendus comme un string ficelle. Cette sensation était très désagréable. (Néanmoins, j’ai également remarqué que mes tétons sont devenus une zone érogènes ce qui n’était pas pour me déplaire !)

L’inconfort mammaire est souvent expliqué par l’imprégnation hormonale qui entraîne une modification de la poitrine dès le début de la grossesse. Chez moi, les tensions étaient clairement dues à la croissance rapide de ma poitrine qui a pris 2 tailles en l’espace d’un mois.  Conséquence de cette transformation rapide : (cf plus haut) des démangeaisons très intenses (notamment) au niveau des tétons.

Les conseils de mémé

  • Investir dans un nouveau soutif confortable et à sa taille.  Pendant un mois, j’ai essayé de continuer à rentrer dans mes soutiens-gorge d’avant grossesse. Mes seins étaient compressés, mes tétons sortaient à moitié ce qui accentuait l’inconfort et les démangeaisons. Je ne supportais pas la rigidité des armatures. Puis un jour, j’ai trouvé le graal salvateur : le soutien gorge sans armature de chez Uniqlo. Après l’avoir testé, j’en ai racheté 3 de couleurs différentes. Ils englobent bien le sein sans aplatir, atténuent les chocs, mettent en valeur mon nouveau décolleté.
  • Hydrater ses boobies à l’huile de coco ou d’amande douce avant de se coucher pour aider l’élasticité de la peau.

La fatigue… et les insomnies.

Avoir la gerbe, être prise de démangeaisons, avoir les seins qui arrachent, recevoir un shot d’hormones soudain et gargantuesque, manger moins, ça fatigue. Parfois le corps est au bord du malaise. Tu essayes de rester concentrée au boulot, les trajets en voiture sont une tannée… : tu rentres chez toi avec l’envie de dormir dès 19h. Je somnolais également souvent en journée comme pendant la digestion d’un gros kebab. Je pense n’avoir jamais vécu un état de fatigue long terme aussi intense.

Dans un monde idéal, tu te fais des nuits de bébé en rentrant et tu récupères de ta journée. En réalité, pour moi, les choses se sont goupillées autrement. L’envie d’uriner constante, les démangeaisons et nausées, les tensions, les nouvelles questions et angoisses liées à l’arrivée d’un enfant m’empêchaient de dormir. 3 mois d’insomnies qui m’ont coupée de toute vie sociale, culturelle ou d’activité sportive. 3 mois coincée dans une bulle où je broyais du noir en attendant de franchir le cap (soit disant) salvateur du deuxième trimestre.  

Les conseils de mémé

  • S’autoriser la sieste. De manière assez anarchique, et alors que cette habitude ne fait pas partie de mon métabolisme, j’ai commencé à entrer en mode sieste/survie lorsque mon corps avait vraiment besoin de repos. (Tu sais, le genre de sommeil forcé qui s’apparente à une après-midi coma post nuit blanche ! )

 

  • En parler au boulot. L’intensité de ma fatigue et de mes nausées étaient telles que j’ai fini par annoncer à mes collègues mon état. Faire durer ma “gastro” au bureau une troisième semaine n’était  plus plausible. J’ai eu la chance énorme d’avoir une équipe extrêmement compréhensive qui m’a permis d’adapter mon emploi du temps et mes horaires de travail aux symptômes de grossesse. J’imagine que ce n’est pas le cas partout, mais avoir pu instaurer plus de plages de télétravail ou décaler mes horaires m’a permis de continuer à travailler tout en subissant un peu moins les transports et les réunions au bureau.

 

  • En parler à son médecin. Un jour, et malgré les aménagements dont j’ai pu bénéficier au travail, j’ai pris rendez-vous chez mon généraliste pour lui expliquer ma détresse. J’ai pu bénéficier de 3 jours d’arrêt qui m’ont permis de de remettre un peu sur pied et de tester les effets de l’anti nauséeux Donormyl. Je suis quelqu’un de très consciencieux au travail et n’aurais jamais imaginé “me faire mettre en arrêt” avant la grossesse, mais je ne regrette pas d’avoir suivi le conseil de mon copain/ mes amis qui s’inquiétaient de mon état de décrépitude. Tu entendras souvent que “la grossesse n’est pas une maladie”. J’en suis convaincue et je déteste le comportement des femmes qui abusent de leur statut dans le milieu pro et perso. Cependant, s’arrêter quelques jours peut parfois donner le souffle et le repos nécessaires pour ne pas vivre un énorme pétage de câble nerveux du premier trimestre.

 

  • Les vitamines de grossesse : L’acide folique, le fer, le calcium et la vitamine D notamment sont nécessaires au bon fonctionnement d’une grossesse. Parfois, l’alimentation que l’on a ne suffit pas à fournir assez à son corps, ou le bébé pompe les réserves de sa mama. On m’a donc prescrit Gynéfam Plus, un complément contenant vitamines, minéraux et oligoéléments spécialement adapté à la conception et la grossesse. Je ne saurais pas dire si ces vitamines ont eu un effet à proprement parler contre ma fatigue mais en sachant que mon corps travaillait davantage, j’étais contente de lui offrir de quoi faire tourner ses rouages !

 

  • Le Donormyl qui m’a été prescrit comme anti vomitif avait comme autre effet d’être un léger sédatif. En prendre avant de me coucher m’a permis de légèrement améliorer la qualité de mes nuits.

D’autres symptômes

  • Les pertes blanches. Une classique pendant la grossesse. Chez moi, elles se sont accompagnées pendant le premier trimestre d’une odeur assez désagréable. D’une manière générale, les sécrétions vaginales augmentent pendant la grossesse :  il s’agit d’un phénomène tout à fait normal. La nidation de l’œuf dans la paroi utérine entraîne en effet une production accrue d’œstrogènes responsable d’un renouvellement cellulaire plus rapide au niveau de la muqueuse vaginale. Il peut d’ailleurs s’agir d’un des premiers signes de grossesse. (attention cependant si elles sont accompagnées d’autres symptômes style démangeaison : il peut s’agir d’une mycose.)

 

  • La diarrhée. Lorsque l’on recherche les symptômes de grossesse liés à la grossesse, on tombe souvent sur de sombres histoires de constipation. De mon côté, mon colon irritable s’est enflammé pendant le premier trimestre pendant lequel  j’étais projetée aux toilettes dès le réveil. J’ai assimilé ça à un problème global de digestion et avoue n’avoir pas fait grand chose à ce sujet. Le problèmes a cessé à la fin du premier trimestre.

 

  • Les feintes du corps Un jour, tu te réveilles Pomp It Up, zéro nausées, le peps de fou. Tu penses que tout n’est qu’un vieux cauchemar et que les symptômes, c’est fini. Attention aux feintes mesquines du corps qui t’offres parfois un bol d’air frais pour te remettre un coup de massue le lendemain, genre “et bah en fait non!”. Profite de ces moments, mais ne place pas trop d’attentes dedans !

 

  • La prise de poids ? Aucune, les nausées et l’arrêt du sport m’ont même fait perdre 2 kilos. Au troisième mois, je pesais 70 kilos pour 1m80 ( vs 72 en début de grossesse)

 

Bien évidemment, la description des symptômes que j’ai vécus ne sont pas là pour diaboliser le début de grossesse qui peut se dérouler sans encombre. De mon côté, tu l’auras compris, le démarrage a été un peu compliqué physiquement. Cependant, j’ai eu la chance de ne pas vivre de fausse couche au cours de mon premier trimestre et je suis heureuse que notre enfant se développe bien et soit en bonne santé !

Découvre mon ressenti plus intellectualisé du premier trimestre de grossesse dans cet article. 

 

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